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Nous
sommes boulangers-pâtissiers. Artisans. Comme tant d'autres,
Mais
nous avons voulu aller un peu plus loin. Vivant par et pour le pain, nous nous
sommes intéressés à son histoire, à son évolution,
à son avenir aussi... Redécouvrant, parfois avec étonnement,
la richesse de la gastronomie des anciens, en un temps où les diététiciens
modernes réhabilitent les glucides à digestion lente, nous avons,
au gré de notre fantaisie, adapté, inventé ou retrouvé
mille marnières défaite !e pain. De le parfumer, l'enrichir, le
décorer, le façonner... Oh,
ce ne fut pas toujours sans mal. Il a parfois fallu un long et délicat
travail de mise au point dans notre fournil pour en arriver aux recettes savoureuses,
fiables et faciles à réaliser que vous trouverez plus loin.
Mais
le résultat est là. Tous ces pains, nous les fabriquons et les vendons
au jour le jour. Et puisque le pain, comme le vin, est présent à
table tout au long du repas, devant leur variété nous avons eu l'idée
sans précédent d'une "carte des pains" : un pain
pour chaque plat, et changeons-en comme l'on change de vin! Face
au renouvellement menaçant de la production industrielle, seules qualité,
diversité, originalité peuvent et doivent valoriser un artisanat.
33
variétés de pains différents à découvrir
| Baguette Ficelle
Flute Coupiette Couronne
Miche Fougasse Paysan
Complet Mais Seigle Son
Céreales Huile Olives Poivrons
Noix Citron Chataigne corse |  |
Raisin Noisettes corse
Ficelles parmesan Fougasse olives Fougasse
huile d'olive corse Fougasse aux lardons
Fougasses aux herbes du maquis (persa) Fougasse aux
oignons Fougasse anchois - tomates Fougasse
tomate basilic Fougasse aux figues Boule
paysanne-emmental Fougasse roquefort Fougasse
pommes et raisins | Des
siècles de pains...
Quelles
qu'en aient été les causes, les disettes périodiques que
connurent la Gaule, puis la France jusqu'au XIX° siècle ne contribuèrent
pas à améliorer ni même conserver le raffinement et la diversité
de la gastronomie romaine.
A l'époque féodale, le peuple
se contentait le plus souvent de mauvais pain noir mal bluté ou parfois
des tranchoirs de pain bis servant d'assiette aux seigneurs et distribués
ensuite aux paysans. Un peu plus tard, les réglementations rigides des
corporations précisent et limitent la variété des fabrications.
Si la fin du Moyen Age inventa de tremper ou tailler des soupes,
tranches sur lesquelles on verse du potage, le pain le plus apprécié
alors est le pain de Chally, très blanc. On trouve ensuite
avec un taux de son croissant, le pain coquillé, le pain
bourgeois, le pain de faltis ou de brode.
On
fabriquait aussi du pain citrouille, à la courge, considéré
comme rafraîchissant.
Marie de Médicis introduisit d'Italie
le pain à la reine, pain de luxe au lait et au sel, et en 1665 un boulanger
parisien lança le pain mollet, très léger, à la levure
de bière.
Pendant les disettes, le pain de même nom remplaçait
blé par orge, avoine, seigle, sarrasin ou même pomme
de terre, haricot, pois, féverole, paille ou écorce
dans le pire des cas...
Le siècle des lumières vit le perfectionnement des
techniques de fermentation, la diversification des formes, et
l'apparition du pain de méteil (froment + seigle)
et du pain moussault (pain bis de gros son extrait de fleur
de farine). Vers la fin de ce XVIIIème siècle, le
pain de gruau devint fort à la mode.
La
Révolution, en abolissant la gabelle, généralisa l'usage
du sel qui n'était jusqu'alors courant, malgré ses avantages, que
dans les régions côtières où l'on pouvait pétrir
à l'eau de mer.
Au
XIX° siècle, on retrouve de nombreuses variétés de pain. F.
Le Play en compte 45 à Paris en 1857. Citons pain de ménage, pain
de Gentilly (au beurre), pain plat, pain de tranchoir (servant toujours d'assiette),
pain de citrouille, pain de deux couleurs (froment + seigle superposés),
pain ferré (brûlé dessous),
pain de festin (au lait doré à l'oeuf pain boulot, pain polka, pain
en couronne, pain fendu, etc...
C'était
aussi l'époque des valses, du pain Viennois et des croissants.
Restait au XXe siècle, après quelques oublis,
à créer bâtard, baguette et ficelle pour
en arriver au pain d'aujourd'hui, guère différent
si ce n'est par la sophistication croissante du matériel
(fours, pétrins, etc ...) et par une certaine tendance
à l'industrialisation et à la banalisation d'un
produit aux qualités nutritives souvent diminuées,
ne serait-ce que par un taux de blutage excessif. Produit dont
la valeur symbolique et la place prépondérante
ont de nos jours en grande partie disparu.
Mais
restons optimistes. pour conclure, voici en quelque sorte La
morale de l'histoire... Au
cours des siècles, que de recettes perdues! Juste oubli pour certaines,
dommage pour d'autres qu'il serait bon de redécouvrir. Diversité,
souplesse d'adaptation, naturel et sophistication redeviennent à la mode.
Soyons de notre temps en redonnant au pain, aliment trop universel pour n'en pas
devenir banal, l'envie et le pouvoir de séduire .... Car de nos choix
d'aujourd'hui naîtra forcément le pain de demain. Les
débuts du pain 
Techniques
de l'époque -
pétrissage et fermentation On pétrissait dans un pot de tare
à large ouverture, en rajoutant progressivement de l'eau.
Suivant les cas, on faisait fermenter à l'aide d'un clou
rouillé que l'on ôtait juste avant cuisson, avec
une macération de raisins secs ou de l'écume de
mont de raisins, sous forme de lanières de pâte séchée,
avec du levain, pâte devenue aigre à la chaleur et
à l'humidité.
On
rajoutait l'ingrédient choisi et on pétrissait une deuxième
fois. Autre possibilité avec l'eau de levain : on diluait le levain dans
de l'eau chaude et on utilisait celle-ci pour pétrir.
Dans tous les cas, on laissait ici mener en recouvrant d'un linge.
La quantité de
ferment était augmentée pat temps froid. On choisissait parfois
d'exposer l'eau à la lune et aux étoiles plutôt qu'au soleil,
ce qui, température mise à part, passait pour développer
mémoire et intelligence du consommateur. Le pain azyme, d'usage exclusivement
religieux, commémorait et commémore toujours pour les Juifs la fuite
d'Egypte des Hébreux, pendant laquelle ils n'emportèrent pas de
levain.
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Cuisson Soit dans une sorte de moule en fer introduit dans un cylindre
de terre cuite ou de fer préalablement chauffé. Feu modéré. Soit
dans des moules disposés pour former une pyramide, le feu étant
placé au centre. De petits morceaux de bois servaient alors de pyromètre;
s'ils s'enflammaient lorsqu'on les plaçait contre la paroi du moule, le
pain était cuit. Soit dans un four, cylindrique, ouvert en haut, ou
en forme de cône tronqué, sur les parois intérieures duquel
on collait les galettes en les plaquant.
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